Les caissons sont encore droits, les charnières ne bougent pas, et pourtant la cuisine a l’air fatiguée. C’est presque toujours une histoire de façades : la couleur a vieilli, le vernis a jauni, les poignées datent. Repeindre coûte bien moins cher que tout changer, à une condition : que la peinture tienne dans une pièce où l’on cuisine, où l’on éclabousse et où l’on ouvre les portes vingt fois par jour. Voici la méthode complète, matériau par matériau, et si la teinte vous bloque déjà, on a fait le tour de la question dans quelle couleur choisir pour une cuisine.
En bref
- Identifiez d’abord le matériau de vos portes : mélaminé, stratifié, bois massif, MDF laqué ou façade polymère. C’est lui qui décide de la préparation, pas la couleur que vous voulez.
- Le dégraissage est l’étape décisive, bien plus que le ponçage. Une graisse de cuisson invisible suffit à faire décoller une peinture six mois plus tard.
- Deux couches fines valent mieux qu’une épaisse, appliquées au rouleau laqueur, portes démontées et posées à plat.
- Sec ne veut pas dire dur. Une peinture de rénovation est recouvrable en quelques heures, sèche en 24 h, mais atteint sa résistance réelle bien plus tard : V33 annonce 20 jours pour sa peinture cuisine.
- Comptez 120 à 200 € de fournitures pour une cuisine de douze portes, et deux week-ends en comptant les séchages.
- Changez les poignées : c’est le détail qui date le plus une cuisine, et le moins cher à corriger. Mesurez l’entraxe avant d’acheter.
Première question : de quoi sont faites vos portes ?
C’est la question que presque tous les tutoriels sautent, alors que c’est elle qui commande tout le reste. Une porte en chêne verni, une façade mélaminée et un panneau recouvert d’un film plastique ne réagissent pas du tout pareil à la même peinture. Avant d’acheter quoi que ce soit, démontez une porte et regardez sa tranche, puis dévissez une charnière pour voir le cœur du panneau.
Mélaminé et stratifié : le cas le plus fréquent
Ce sont les façades de la plupart des cuisines vendues en grande surface de bricolage depuis trente ans. Sur la tranche, vous voyez un chant collé, une fine bande qui court le long du bord et qui se décolle parfois dans un angle. Sous la charnière, le panneau est aggloméré, avec des copeaux compressés bien visibles. La surface est lisse, fermée, souvent un peu satinée : rien n’accroche dessus naturellement, et c’est tout le problème. Il faut donc soit une peinture de rénovation spéciale meubles de cuisine, soit un primaire d’accrochage suivi d’une peinture pour meubles. Le détail de cette méthode est dans notre guide dédié pour peindre un meuble en mélaminé.
Bois massif ou placage : attention au tanin
Le chêne se reconnaît tout de suite à ses veines marquées qui continuent sur la tranche, sans bande rapportée. C’est le cas des cuisines néo-rustiques des années 1980, avec leurs corniches en « chapeau de gendarme » au-dessus des portes et cette teinte orangée que tout le monde cherche aujourd’hui à éclaircir. Bonne nouvelle, ces façades sont souvent en très bon état. Mauvaise nouvelle, le chêne et le châtaignier sont riches en tanin : au contact d’une peinture à l’eau, cette substance migre vers la surface et laisse des auréoles jaunes ou rosées, particulièrement visibles sous un blanc ou un lin. Sur ces bois, une sous-couche bloquante n’est pas une précaution de luxe, c’est ce qui évite de tout recommencer.
MDF laqué : la préparation ne pardonne rien
Une façade laquée est un panneau de MDF recouvert de plusieurs couches de peinture puis vernies, d’où cet aspect très lisse, brillant ou satiné profond. La tranche est parfaitement uniforme, sans veine ni chant rapporté. Ici, tout se joue sur la matité du support : une laque brillante doit être matifiée pour que la nouvelle peinture ait quelque chose à mordre. Si vous préférez éviter la ponceuse, lisez d’abord repeindre un meuble laqué sans poncer, qui détaille les produits qui le permettent vraiment.
Façade polymère ou thermoformée : le piège
C’est le support qui fait le plus de déçus. Une façade polymère, c’est un film PVC thermocollé sur un panneau MDF. On la reconnaît à sa surface un peu souple sous l’ongle, à ses angles arrondis et surtout à la ligne de reprise du film, généralement à l’arrière de la porte. Avec le temps, la vapeur d’un lave-vaisselle ou la chaleur d’un four finit par décoller ce film sur les portes voisines. La peinture peut tenir sur du polymère sain, avec un primaire spécial supports plastiques, mais elle ne recollera jamais un film qui a commencé à se soulever. Ces portes-là, il vaut mieux les remplacer que les repeindre.
| Support | Comment le reconnaître | Ce qu’il faut prévoir | Difficulté |
|---|---|---|---|
| Mélaminé / stratifié | Chant collé sur la tranche, panneau aggloméré sous la charnière | Dégraissage soigné, égrenage léger, peinture rénovation ou primaire d’accrochage | Facile |
| Bois massif ou placage | Veines continues jusque sur la tranche, nœuds visibles | Sous-couche bloquant le tanin, surtout sous les teintes claires | Moyenne |
| MDF laqué | Surface très lisse, tranche uniforme sans veine ni chant | Matifier la brillance, primaire adapté, couches fines | Moyenne |
| Polymère / thermoformé | Film souple, angles arrondis, ligne de reprise à l’arrière | Primaire spécial plastique, et seulement si le film est intact | Délicate |
| Métal, verre, alu | Froid au toucher, poids inhabituel | Primaire spécifique, ou on laisse tel quel en jouant le contraste | Cas par cas |
Le test des deux minutes
Démontez la porte la moins visible, celle du meuble sous l’évier par exemple. Regardez la tranche à la lumière : une bande rapportée signifie mélaminé ou stratifié. Passez l’ongle sur un angle : si la surface est légèrement souple et que vous sentez une reprise, c’est un film polymère. Dévissez une charnière : copeaux compressés pour l’aggloméré, fibre brune homogène pour le MDF, bois véritable pour le massif. Trois gestes, et vous savez quoi acheter.
Le matériel, sans superflu
Inutile d’acheter la moitié du rayon. Pour une cuisine standard, il faut de quoi dégraisser, de quoi égrener, de quoi peindre proprement, et de quoi protéger le reste de la pièce.
- Un dégraissant sérieux : lessive à base de soude ou dégraissant pour support avant peinture, avec gants et lunettes.
- Des abrasifs fins, grain 180 à 240, en feuille ou sur cale, pour l’égrenage.
- Un rouleau laqueur en mousse, de 10 à 11 cm, et un pinceau à rechampir pour les angles, les moulures et les chants. C’est le duo que recommande V33 sur sa peinture de rénovation cuisine, et c’est lui qui fait la différence entre un rendu lisse et un rendu à traces.
- La peinture : une peinture de rénovation spéciale meubles de cuisine, ou un primaire d’accrochage plus une peinture pour meubles.
- De quoi reboucher les anciens trous de poignées si vous changez de modèle.
- Du ruban de masquage, une bâche, des cales ou de vieilles vis pour surélever les portes pendant le séchage.
L’achat qui change vraiment le rendu
Si vous ne deviez soigner qu’un seul achat, prenez un bon rouleau laqueur mousse. Un rouleau à poils, même court, laisse une peau d’orange qu’aucune seconde couche ne rattrape. Et gardez le pinceau pour ce qu’il sait faire : les angles, les gorges et les chants, jamais les grandes surfaces.
Étape 1 : démonter, numéroter, mesurer
On peut peindre en place, porte fermée, pinceau à la main. On peut aussi se garantir des coulures, des chants oubliés et des charnières pleines de peinture. Je démonte systématiquement, même quand j’ai l’impression d’y perdre une heure : elle est rattrapée dès la première couche, et le résultat n’a rien à voir.
Tuto : démonter proprement une cuisine
- Videz les meubles hauts et posez de quoi travailler à plat : deux tréteaux et une vieille porte, ou la table protégée d’une bâche.
- Numérotez chaque porte au ruban de masquage, à l’intérieur : haut gauche 1, haut droite 2, et ainsi de suite. Une cuisine paraît symétrique, elle ne l’est presque jamais.
- Dévissez les charnières côté caisson en gardant les vis dans un sachet par porte, avec le numéro écrit dessus au marqueur.
- Retirez poignées et boutons, et mesurez l’entraxe, c’est-à-dire la distance entre les deux axes de vis. Notez-la maintenant, vous en aurez besoin au magasin.
- Sortez les tiroirs et ne peignez que la façade, jamais les coulisses.
- Photographiez l’ensemble avant démontage. Au remontage, deux semaines plus tard, cette photo vaut de l’or.
Étape 2 : dégraisser, l’étape que tout le monde bâcle
Dans une cuisine, une pellicule de graisse se dépose partout, y compris sur les portes basses et sur les façades de tiroirs. Elle est invisible, elle ne colle pas au toucher, et elle suffit à empêcher la peinture d’adhérer. La plupart des peintures qui s’écaillent quelques mois après le chantier ont cette seule cause.
La lessive à base de soude, du type Saint-Marc, reste la solution la plus efficace sur ce genre de dépôt. C’est aussi un produit corrosif : gants, lunettes, manches longues et fenêtre ouverte, ce n’est pas du zèle. Elle se rince mal, donc on passe plusieurs fois à l’éponge propre et à l’eau claire, et on laisse sécher complètement, une journée entière si la pièce est fraîche. Un support encore humide sous la peinture, c’est une peinture qui cloque.
Le test de la goutte d’eau
Après rinçage et séchage, posez une goutte d’eau sur la porte. Si elle s’étale, le support est propre. Si elle reste bien ronde et perlée, il reste du gras : on repasse un coup de dégraissant sur toute la façade, pas seulement sur la zone testée.
Étape 3 : poncer, égrener, ou ne rien faire
Le mot ponçage fait fuir, et c’est pour ça que les peintures « sans ponçage » se vendent si bien. Elles fonctionnent, mais elles déplacent l’exigence ailleurs : puisque l’accroche ne vient plus du grain, elle vient de la propreté chimique du support. Autrement dit, sans ponçage veut dire dégraissage irréprochable.
Ce que l’égrenage apporte vraiment
Un passage rapide au grain 180 ou 240, à la main, ne vise pas à mettre le support à nu. Il casse la brillance et crée une micro-rugosité qui aide la première couche à s’ancrer. Sur une laque brillante ou un vernis satiné bien lisse, c’est dix minutes par porte qui sécurisent tout le reste.
Le dépoussiérage, souvent oublié
Après ponçage, la poussière reste accrochée dans les gorges et les moulures. Un coup d’aspirateur avec la brosse, puis un chiffon microfibre à peine humide, et on laisse sécher. Peindre sur de la poussière donne ce rendu granuleux qu’on ne remarque qu’une fois la porte remontée, avec la lumière rasante du matin.
Le cas du décapage
Décaper n’a d’intérêt que sur du bois massif, et seulement si vous voulez retrouver la teinte naturelle plutôt que peindre. Pour un projet de peinture, c’est du travail en plus sans bénéfice : la peinture n’a pas besoin de bois nu, elle a besoin d’un support propre, mat et sec.
Étape 4 : reboucher les anciens trous et masquer
Si vous changez de poignées et que le nouvel entraxe ne tombe pas au même endroit, il faut reboucher les anciens perçages. Sur du bois, une pâte à bois fait l’affaire. Sur de l’aggloméré ou du MDF, un enduit de rebouchage fin tient mieux, appliqué en deux passes légères plutôt qu’une grosse, avec un ponçage au grain fin entre les deux. La méthode détaillée, transposable aux façades, est dans notre guide pour reboucher un trou avant de repeindre.
Côté masquage, protégez les charnières restées sur les caissons, le plan de travail, la crédence et le sol. Et pensez aux joints silicone : la peinture n’y adhère pas durablement, mieux vaut les masquer que les repeindre.
Étape 5 : sous-couche ou peinture tout-en-un ?
Les deux approches se valent, à condition de choisir en fonction du support et non du prix.
Quand la sous-couche est obligatoire
- Sur du chêne ou du châtaignier, pour bloquer les remontées de tanin sous une teinte claire.
- Sur un support très lisse (stratifié, laque, polymère) si vous utilisez une peinture pour meubles classique, qui n’est pas formulée pour accrocher seule.
- Sur une façade tachée par la graisse ou le café, où la tache traverserait la couleur.
Quand la peinture de rénovation suffit
Les peintures de rénovation cuisine s’appliquent en général sans ponçage ni sous-couche sur mélaminé, stratifié, bois verni ou carrelage. Lisez la notice avant d’ouvrir le pot : certaines demandent d’ajouter un additif à la peinture, et le mélange obtenu doit alors être utilisé dans un délai court. V33 indique par exemple dix jours pour conserver l’adhérence et la résistance annoncées. C’est une information qu’on ne trouve nulle part dans les tutoriels, et qui explique quelques échecs : un pot entamé au printemps, rouvert à l’automne, ne vaut plus grand-chose.
Étape 6 : peindre, le geste qui fait tout
La peinture se joue en deux couches fines. Une couche épaisse coule dans les gorges, sèche en surface avant le cœur, et reste molle des semaines. Deux couches fines sèchent vite et donnent un film plus dur.
Tuto : la première couche, pas à pas
- Posez la porte à plat, surélevée sur des cales, face avant vers vous. Travaillez dans une pièce tempérée et ventilée, à l’abri de la poussière.
- Commencez au pinceau par les angles, les bords, les moulures et les gorges, là où le rouleau ne descend pas.
- Chargez le rouleau sans le noyer et répartissez la peinture par petites surfaces.
- Croisez les passes, de gauche à droite, puis terminez de haut en bas d’un geste léger pour lisser. C’est exactement la méthode que décrit le fabricant, et elle donne un film régulier.
- Ne revenez jamais sur une zone qui commence à sécher. Le rouleau arrache le film au lieu de l’étaler, et la trace restera.
- Laissez sécher le temps indiqué avant la seconde couche : sur la peinture cuisine de V33, six heures entre les deux couches, et pas plus de vingt-quatre heures d’attente pour garder la meilleure accroche entre elles.
- Peignez les chants en dernier, d’un geste net, puis retournez la porte le lendemain pour l’arrière si vous le peignez aussi.
Faut-il peindre l’arrière des portes ? Sur les meubles hauts, l’intérieur se voit à chaque ouverture, donc oui si vous en avez le courage. Sur les caissons, en revanche, inutile de peindre l’intérieur : personne ne regarde le fond d’un placard à casseroles, et une peinture fraîche à l’intérieur d’un meuble fermé met beaucoup plus longtemps à durcir.
Étape 7 : sec au toucher ne veut pas dire dur
C’est le point que je trouve le plus mal expliqué partout, et probablement la première cause de déception. Une peinture de rénovation est sèche en surface en quelques heures, recouvrable dans la journée, sèche à cœur en vingt-quatre heures. Mais sa dureté finale, celle qui encaisse un coup d’ongle, un torchon humide ou un produit ménager, arrive bien plus tard. Sur sa peinture cuisine, V33 annonce que la performance et la résistance optimales sont obtenues après 20 jours, et demande d’éviter les chocs, les taches et les nettoyages pendant cette période.
Concrètement, pour les trois semaines qui suivent :
- Remontez les portes après 24 à 48 h, pas le soir même.
- Fermez les portes doucement, ou laissez-les entrebâillées quelques jours.
- Collez des pastilles de feutre aux angles de fermeture : deux peintures fraîches qui se touchent peuvent se coller entre elles.
- Essuyez les projections à l’eau claire et sans frotter, et remettez les produits ménagers à plus tard.
- Évitez la vapeur directe du lave-vaisselle à l’ouverture : entrouvrez-le quelques minutes avant de l’ouvrir en grand.
Ce qui arrive quand on est pressé
Portes remontées le soir même, fermées dans la foulée, nettoyées à l’éponge grattante la semaine suivante : la peinture marque aux angles, s’arrache là où deux façades se touchent, et se raye au premier passage. Le produit n’est pas en cause, seulement le calendrier.
Combien de peinture, combien de temps, combien ça coûte
Le calcul de surface, en deux minutes
Prenons une cuisine courante : douze portes d’environ 70 x 40 cm et quatre façades de tiroirs de 60 x 15 cm. Une porte fait 0,28 m² par face, donc 0,56 m² avec l’arrière. Douze portes représentent environ 6,7 m², et les tiroirs ajoutent 0,7 m² : on tourne autour de 7,4 m² à couvrir. En deux couches, cela fait près de 15 m² de peinture appliquée. Avec un rendement annoncé de 12 m² par litre, un litre et quart suffit, soit deux pots de 750 ml. Si vous ne peignez pas l’arrière des portes, divisez la surface par deux. Pour les murs de la pièce, notre calcul de peinture au m² fait le travail à votre place.
| Poste | Pour une cuisine de 12 portes | Budget indicatif |
|---|---|---|
| Peinture rénovation cuisine | 2 pots de 750 ml | 60 à 90 € |
| Sous-couche (si support tannique ou peinture classique) | 1 pot de 750 ml | 20 à 35 € |
| Dégraissant et abrasifs | 1 bidon, 3 ou 4 feuilles | 10 à 20 € |
| Rouleaux laqueurs et pinceau | 2 rouleaux, 1 pinceau à rechampir | 15 à 30 € |
| Masquage, bâche, cales | le nécessaire | 10 à 15 € |
| Poignées neuves (facultatif) | 16 pièces | 50 à 150 € |
Le temps réel, séchages compris
Le travail effectif tient en une douzaine d’heures, mais il s’étale. Comptez une demi-journée pour démonter et dégraisser, une demi-journée pour égrener, reboucher et masquer, puis deux séances de peinture séparées par six heures de séchage. En pratique, deux week-ends sont plus confortables qu’un seul, avec une cuisine utilisable entre les deux : les caissons restent en place, seules les portes manquent à l’appel.
Choisir la couleur sans se tromper
Testez sur une porte, pas sur un nuancier
Un nuancier au magasin ne veut rien dire : la lumière n’a rien à voir avec celle de votre cuisine. Peignez une porte démontée, posez-la contre les caissons, et regardez-la à trois moments : le matin, en plein après-midi et le soir sous l’éclairage artificiel. Beaucoup de gris tournent au bleu sous les spots, et beaucoup de beiges deviennent jaunes.
La couleur ne se choisit pas toute seule
Une façade cohabite avec un plan de travail, une crédence et un sol que vous ne changez pas. Partez de l’élément le plus difficile à remplacer, souvent le plan de travail, et choisissez la peinture ensuite. Si la crédence fait partie du projet, comparez d’abord les matériaux dans notre guide des crédences de cuisine.
Deux tons, la solution la plus sûre
Peindre les meubles bas dans une teinte soutenue et les meubles hauts dans une teinte claire reste un classique, parce que ça fonctionne dans presque toutes les cuisines : le bas encaisse mieux les traces, le haut allège la pièce. Je ne le présente pas comme une règle, mais quand un doute persiste, c’est le choix qui déçoit le moins.
Mat ou satiné ?
Le mat est magnifique sur les photos de magazine et marque les doigts dans une vraie cuisine. Le satiné se nettoie mieux et pardonne davantage, surtout autour des poignées et du lave-vaisselle. Pour une cuisine qui sert tous les jours, avec des enfants, la question se tranche vite.
Poignées et charnières : le détail qui date une cuisine
Mesurez l’entraxe avant d’acheter
L’entraxe est la distance entre les centres des deux vis. La quincaillerie de meuble suit un pas de 32 mm, d’où les valeurs courantes : 96, 128 et 160 mm. Mesurez sur place, notez la valeur, et vous éviterez le deuxième aller-retour au magasin. Si vous changez pour un entraxe différent, prévoyez le rebouchage des anciens trous avant peinture, jamais après.
Les charnières, on les garde ou on les change ?
Les charnières à cuvette de diamètre 35 mm sont un standard : si les vôtres sont grippées ou faussées, elles se remplacent sans toucher aux portes, pour quelques euros pièce. Profitez du remontage pour les régler : la plupart se règlent dans les trois directions à l’aide des deux vis, et une porte bien alignée change l’impression générale autant qu’une couleur neuve.
Le petit supplément qui se voit
Des boutons en laiton ou noir mat, des barres fines sur les tiroirs, un joint de propreté refait à la jonction du plan de travail, et la cuisine n’a plus le même âge. C’est sans doute le conseil le moins rentable pour un cuisiniste, mais si je devais dépenser cinquante euros de plus sur ce chantier, je les mettrais là plutôt que dans un pot de peinture haut de gamme.
Les erreurs qui gâchent tout
À éviter absolument
- Peindre sans dégraisser parce que « ça n’a pas l’air sale ». C’est la première cause d’écaillage.
- Utiliser une peinture murale, même lessivable : elle n’est pas faite pour être touchée dix fois par jour.
- Peindre dans une pièce froide ou humide, garage compris : le film sèche mal et reste tendre.
- Charger le rouleau pour aller plus vite, puis repasser dessus pendant que ça tire.
- Remonter les portes trop tôt et les claquer le soir même.
- Coller du ruban de masquage sur une peinture récente pour faire un deuxième ton : attendez plusieurs jours, sinon il arrache le film en partant.
- Oublier les chants, qui sont pourtant la partie la plus regardée quand la porte est ouverte.
Les zones qui lâchent en premier
Quand une cuisine repeinte commence à fatiguer, ce n’est jamais au milieu des portes. C’est autour des poignées, là où les ongles frottent, sur le chant bas des portes proches du lave-vaisselle, exposé à la vapeur, et au-dessus de la plaque de cuisson, où la graisse revient. Trois réflexes limitent les dégâts : soigner particulièrement ces zones à l’application, poser des pastilles de feutre, et essuyer les projections avant qu’elles ne sèchent.
Quand repeindre n’est pas la bonne idée
Autant le dire franchement, il y a des cuisines où la peinture ne réglera rien.
- Un film polymère qui se décolle déjà sur une ou plusieurs portes. La peinture suivra le film, et le film continuera de partir.
- Des panneaux gonflés par l’eau, typiquement sous l’évier ou au pied du lave-vaisselle. Un aggloméré gonflé ne redevient jamais plat : on remplace la façade.
- Des caissons qui bougent ou des fixations murales fatiguées. Là, le problème n’est pas esthétique.
- Une implantation qui ne convient plus. Repeindre une cuisine mal pensée donne une cuisine mal pensée de couleur neuve.
Dans ces cas-là, remplacer uniquement les façades en gardant les caissons reste souvent la meilleure opération. Sur les meubles de grande série, des fabricants indépendants proposent des portes compatibles, et le principe est le même que pour détourner un meuble Ikea : on garde la structure, on change ce qui se voit.
Questions fréquentes
Quelle peinture pour repeindre des meubles de cuisine ?
Une peinture de rénovation spéciale meubles de cuisine, qui s’applique en général sans ponçage ni sous-couche sur mélaminé, stratifié et bois verni, ou bien un primaire d’accrochage suivi d’une peinture pour meubles. Une peinture murale, même lessivable, ne tient pas sur des façades manipulées tous les jours. Sur du chêne, ajoutez une sous-couche qui bloque le tanin.
Peut-on repeindre une cuisine sans poncer ?
Oui, avec une peinture prévue pour, mais l’exigence se déplace sur le dégraissage, qui doit être irréprochable. Sur une laque très brillante, un égrenage rapide au grain 240 reste une sécurité peu coûteuse. Sans ponçage ne veut pas dire sans préparation.
Comment repeindre une cuisine déjà peinte ?
Vérifiez d’abord que l’ancienne peinture tient : si elle s’écaille ou cloque par endroits, grattez les parties non adhérentes jusqu’à retrouver un support sain, poncez les bords pour rattraper l’épaisseur, puis dégraissez. Si l’ancienne peinture est saine, un simple dégraissage suivi d’un égrenage suffit avant les deux nouvelles couches.
Faut-il peindre l’intérieur des meubles de cuisine ?
Ce n’est pas nécessaire. L’intérieur des caissons ne se voit pratiquement pas, et une peinture appliquée dans un volume fermé met beaucoup plus longtemps à durcir. En revanche, l’arrière des portes de meubles hauts se voit à chaque ouverture : c’est là que le choix se discute.
Combien de temps faut-il pour repeindre une cuisine ?
Une douzaine d’heures de travail effectif pour une cuisine de douze portes, mais étalées sur deux week-ends à cause des séchages. Et il faut ensuite laisser passer environ trois semaines avant de traiter les façades normalement, le temps que la peinture atteigne sa dureté finale.
Quelle couleur pour repeindre les meubles de cuisine ?
Celle qui s’accorde avec ce que vous ne changez pas, à commencer par le plan de travail. Les teintes claires agrandissent une petite cuisine, les teintes soutenues en bas et claires en haut donnent de la profondeur sans assombrir. Testez toujours sur une porte démontée, à la lumière du soir comme à celle du matin.
Comment repeindre un meuble de cuisine laqué ?
En matifiant la brillance, soit par un égrenage au grain fin, soit avec un produit prévu pour accrocher sur laque, puis en appliquant deux couches fines. C’est un support qui pardonne mal les couches épaisses : elles restent molles et marquent au moindre choc.
Au bout de combien de temps peut-on nettoyer les portes repeintes ?
Attendez que la peinture ait durci, soit environ trois semaines selon les fabricants. Avant cela, essuyez les projections à l’eau claire sans frotter et sans produit ménager, sinon vous marquez un film qui n’a pas fini de se former.