Une terrasse couverte, c’est la promesse de déjeuner dehors d’avril à octobre. En novembre, elle devient souvent l’endroit le plus froid de la maison : le salon de jardin dort sous sa housse, le vent pousse les feuilles contre la baie vitrée, et on se dit qu’avec quelques vitres, on gagnerait une pièce.
C’est une idée séduisante, et elle marche, à condition de savoir ce qu’on attend exactement de la terrasse fermée. Entre une bâche qui coupe le vent et une véranda isolée, il y a toute une gamme de solutions, de budgets et de démarches administratives. La plupart des déceptions viennent d’un décalage entre la solution choisie et l’usage espéré, bien plus que de la qualité du matériel. Si votre terrasse est petite, les principes pour aménager une petite terrasse sans la surcharger restent valables une fois fermée.
En bref
- Partir de l’usage : couper le vent et la pluie, prolonger la saison, ou gagner une pièce à vivre toute l’année. Chaque objectif appelle une solution différente.
- Du plus léger au plus lourd : bâche transparente, rideaux d’extérieur, vitrages coulissants, polycarbonate, véranda isolée.
- Un vitrage non isolé reste froid l’hiver et chauffe l’été : fermer n’est pas isoler, ni climatiser.
- Fermer une terrasse couverte crée en général de la surface de plancher : déclaration préalable de 5 à 20 m² (jusqu’à 40 m² en zone urbaine avec PLU), permis au-delà, accord de la copropriété le cas échéant.
- Jamais de brasero ni de chauffage à combustion dans une terrasse fermée ou semi-ouverte : risque d’intoxication au monoxyde de carbone.
On passe en revue les usages, les solutions face à face, la question du chaud et du froid, les autorisations et les pièges.
D’abord, que voulez-vous en faire ?
Avant de comparer des devis, je poserais une seule question : que doit-il se passer sur cette terrasse, et à quelle saison ? La réponse élimine d’emblée la moitié des solutions.
Couper le vent et la pluie de côté
La terrasse est agréable, mais un côté exposé la rend inutilisable dès que le vent tourne, et la pluie de biais mouille la table. Ici, il ne s’agit pas d’en faire une pièce, seulement de fermer un ou deux côtés quand il le faut. Les solutions légères et démontables suffisent, et coûtent peu.
Prolonger la saison de mars à novembre
On veut déjeuner au soleil d’un dimanche de mars et garder un coin lecture à l’abri en octobre. Une fermeture transparente qui s’ouvre largement l’été est la bonne réponse : elle protège du vent et capte la chaleur du soleil, sans chercher à être chauffée en plein hiver.
Gagner une vraie pièce
L’idée est d’utiliser l’espace en janvier comme un salon ou un bureau. C’est un projet de construction, pas d’aménagement extérieur : il faut isoler, chauffer, ventiler, et prévoir les démarches d’urbanisme qui vont avec. Autant le savoir avant de commencer par des vitrages simples, qui ne feront jamais ce travail.
Les solutions, de la plus légère à la plus lourde
La bâche transparente
C’est la solution la moins chère et la plus rapide à poser : des bâches en PVC transparent fixées sur la structure, qui se roulent ou se retirent l’été. Tout le monde a en tête les terrasses de café fermées l’hiver par ces parois souples, et elles ont les mêmes limites à la maison : buée au premier matin froid, bruit quand le vent souffle, et, selon la qualité, un film qui peut jaunir ou se rigidifier avec les années et le froid. Elle coupe le vent et la pluie, elle ne garde pas la chaleur.
Les rideaux et stores d’extérieur
Plus doux à l’œil qu’une bâche, un rideau d’extérieur ferme un côté en quelques secondes, filtre le soleil et coupe le vis-à-vis. Il protège, il ne ferme pas hermétiquement, et la nuance entre un tissu déperlant et un tissu imperméable change tout sous une pluie de biais, comme on le détaille pour un rideau de patio extérieur imperméable sur mesure. C’est la bonne solution pour couper le vent l’été et l’automne, pas pour l’hiver.
Les vitrages coulissants ou rideaux de verre
Des panneaux de verre, souvent sans montants visibles, coulissent sur des rails et se replient pour ouvrir la terrasse en grand. C’est la solution qui préserve le mieux la vue et la lumière, et celle qui fait le mieux « pièce en plus » visuellement. Mais ces vitrages sont en général simples et laissent passer un peu d’air entre les panneaux : ils protègent très bien du vent et de la pluie, sans transformer la terrasse en espace isolé.
Le polycarbonate ou le plexiglas
Des panneaux rigides posés sur une ossature en bois ou en aluminium, souvent en projet à faire soi-même. Le polycarbonate résiste mieux aux chocs, le plexiglas est plus transparent mais plus cassant ; tous deux se rayent plus facilement que le verre et se dilatent avec la chaleur, d’où l’importance de respecter le jeu de pose prévu par le fabricant. Une ossature bien pensée, avec des parties ouvrantes, évite de fabriquer une serre.
La véranda isolée
Menuiseries à rupture de pont thermique, double vitrage, toiture isolée, ventilation : c’est la seule solution qui crée une pièce à vivre toute l’année. C’est aussi la plus chère et la plus encadrée administrativement. Elle se conçoit comme une extension de la maison, avec un professionnel, et pas comme un habillage de la terrasse existante.
Les solutions face à face
| Solution | Ce qu’elle apporte | Ce qu’elle ne fait pas | Pour quel usage |
|---|---|---|---|
| Bâche transparente | Coupe-vent et pluie, petit budget, démontable | Isoler, rester claire et silencieuse | Couper le vent, prolonger un peu la saison |
| Rideaux d’extérieur | Ombre, intimité, coupe-vent souple | Fermer hermétiquement, protéger l’hiver | Été et automne |
| Vitrages coulissants | Vue et lumière préservées, ouverture totale l’été | Isoler, rendre étanche à l’air | Prolonger la saison |
| Polycarbonate, plexiglas | Paroi rigide, adaptable à faire soi-même | Isoler, résister aux rayures comme le verre | Abri durable, budget maîtrisé |
| Véranda isolée | Pièce à vivre toute l’année | Rester simple et bon marché | Gagner une pièce |
Le piège du chaud et du froid
C’est ce que les photos de terrasses vitrées ne montrent jamais : fermer un espace ne veut pas dire le rendre confortable. Le verre et le plastique laissent entrer la chaleur du soleil et la retiennent mal la nuit.
L’été, une serre si on ne ventile pas
Une terrasse vitrée exposée au sud devient très chaude en quelques heures d’été. Il faut donc pouvoir ouvrir largement et ombrager : parties coulissantes ou relevables, toile ou store sous la couverture, et si besoin les solutions qu’on détaille pour ombrager une terrasse. Une fermeture qui ne s’ouvre pas en grand est une mauvaise idée côté sud.
L’hiver, un abri et pas une pièce chauffée
Par une journée ensoleillée d’hiver, une terrasse vitrée peut être agréable à midi. Le soir, sans isolation, elle retrouve vite la température extérieure. Les pouvoirs publics ont d’ailleurs tranché la question pour les professionnels : depuis le 31 mars 2022, les cafés et restaurants n’ont plus le droit de chauffer leurs terrasses ouvertes, et seules les terrasses couvertes, étanches et fermées par des parois rigides peuvent l’être. Une terrasse bâchée n’est pas un espace qu’on chauffe raisonnablement, chez soi non plus.
La buée et l’humidité
Un espace fermé mais froid accumule l’humidité : buée sur les parois le matin, gouttes qui tombent sur le mobilier, odeur de renfermé dans les coussins. On aère régulièrement, on évite d’y faire sécher le linge en hiver, et on ne laisse pas les textiles s’y installer pour la saison froide.
Les autorisations : ce qui déclenche une démarche
C’est le point qu’on découvre souvent trop tard. Les règles ci-dessous sont les repères nationaux ; le plan local d’urbanisme de votre commune peut en ajouter, et un passage en mairie avant de commander reste le meilleur réflexe.
Fermer, c’est souvent créer de la surface
En urbanisme, la surface de plancher correspond aux surfaces closes et couvertes sous une hauteur de plafond supérieure à 1,80 m. Une terrasse couverte mais ouverte n’en est pas ; une fois fermée, elle le devient en général. C’est donc la surface ainsi créée qui détermine la démarche, même si le toit existait déjà. Les modifications de l’aspect extérieur de la maison relèvent aussi, en règle générale, d’une déclaration préalable.
Les seuils à connaître
- Moins de 5 m² de surface créée : pas de formalité au titre de la surface.
- De 5 à 20 m² : déclaration préalable de travaux.
- Jusqu’à 40 m² en zone urbaine d’une commune couverte par un PLU : la déclaration préalable reste possible, sous conditions.
- Au-delà : permis de construire, avec recours obligatoire à un architecte si la surface totale de la maison dépasse 150 m² après travaux.
À savoir aussi : une surface close et couverte créée peut entrer dans le calcul de la taxe d’aménagement, et en abords d’un monument historique, l’avis de l’architecte des Bâtiments de France peut s’ajouter à la procédure.
En copropriété
Sur un balcon ou une terrasse d’immeuble, l’accord de l’assemblée générale des copropriétaires est en principe nécessaire dès que les travaux touchent aux parties communes (fixations dans la façade, par exemple) ou modifient l’aspect extérieur de l’immeuble. On relit le règlement de copropriété, et on inscrit le projet à l’ordre du jour avant de signer le moindre devis.
Et si l’on ferme sans autorisation ?
C’est tentant, surtout pour une petite surface. Mais une fermeture non déclarée peut ressortir lors de la vente, et la mairie peut exiger une régularisation, voire une remise en état. En copropriété, un voisin ou le syndic peut aussi contester des travaux faits sans accord. Le dossier de déclaration préalable est rarement compliqué ; s’en passer coûte souvent plus cher.
Le bon réflexe
Avant de demander des devis, passez en mairie avec un croquis coté et quelques photos de la terrasse. Le service urbanisme peut vous indiquer quelle démarche s’applique et quelles règles du PLU concernent les matériaux ou les couleurs. Les devis qui suivent seront plus justes.
Sécurité : jamais de brasero sous une terrasse fermée
C’est le point le plus important de cet article, et celui qu’on trouve le moins sur les pages commerciales. Un brasero, un barbecue ou un chauffage d’appoint à combustion consomme l’oxygène de l’air et produit du monoxyde de carbone, un gaz invisible et sans odeur. Les agences régionales de santé rappellent qu’on ne les utilise jamais dans un espace clos, et les conseils de prévention citent explicitement la véranda et les espaces semi-ouverts comme un auvent.
À ne jamais faire dans une terrasse fermée ou semi-ouverte
- Allumer un brasero ou un barbecue, même « juste pour réchauffer un peu » ou avec les côtés entrouverts.
- Utiliser un chauffage d’appoint au gaz ou au pétrole non prévu pour un espace fermé.
- Ignorer les signes d’alerte : maux de tête, nausées, vertiges chez plusieurs personnes à la fois. On sort, on aère, on appelle les secours.
Les erreurs qui coûtent cher
Ce qui fait regretter une terrasse fermée
- Attendre d’une fermeture simple le confort d’une véranda isolée, et découvrir une pièce froide dès novembre.
- Fermer côté sud sans pouvoir ouvrir en grand, et subir un effet de serre tout l’été.
- Commander avant de passer en mairie, puis devoir modifier ou déposer le projet.
- Oublier la copropriété sur un balcon ou une terrasse d’immeuble.
- Laisser coussins et textiles tout l’hiver dans un espace qui condense l’humidité.
- Chauffer avec un brasero ou un appareil à combustion dans l’espace fermé.
Questions fréquentes
Faut-il une autorisation pour fermer une terrasse couverte ?
En général, oui. Fermer une terrasse couverte crée le plus souvent de la surface de plancher : déclaration préalable entre 5 et 20 m² (jusqu’à 40 m² en zone urbaine couverte par un PLU), permis de construire au-delà. La modification de l’aspect extérieur relève aussi, en règle générale, d’une déclaration. Le service urbanisme de la mairie confirme la démarche.
Comment fermer une terrasse pas cher ?
Avec des bâches transparentes ou des rideaux d’extérieur fixés sur la structure existante. Ces solutions coupent le vent et la pluie et se retirent l’été, mais elles n’isolent pas : elles prolongent la saison sans créer une pièce chauffable.
Peut-on fermer une terrasse avec des vitres sans permis ?
Souvent, une déclaration préalable suffit, si la surface fermée ne dépasse pas 20 m², ou 40 m² en zone urbaine couverte par un PLU. Au-delà, il faut un permis de construire. Sans aucune démarche, la fermeture peut poser problème lors d’une vente ou d’un contrôle.
Une terrasse fermée est-elle chaude en hiver ?
Pas sans isolation. Des vitrages simples ou des bâches captent la chaleur du soleil en journée mais la perdent vite le soir. Seule une véranda conçue avec des menuiseries et une toiture isolées devient une pièce utilisable toute l’année.
Comment fermer une terrasse en copropriété ?
En obtenant d’abord l’accord de l’assemblée générale des copropriétaires, en principe nécessaire dès que les travaux touchent aux parties communes ou à l’aspect extérieur de l’immeuble, puis en déposant la démarche d’urbanisme adaptée en mairie.
Peut-on chauffer une terrasse fermée avec un brasero ?
Non. Un brasero, un barbecue ou un chauffage d’appoint à combustion produit du monoxyde de carbone, un gaz invisible et inodore. Les autorités sanitaires rappellent de ne jamais les utiliser dans un espace clos, et les conseils de prévention citent la véranda et les espaces semi-ouverts.