Des gouttes sur la vitre au réveil, une odeur de renfermé dans le placard, un mur froid derrière l’armoire où une tache grise apparaît en février : une chambre humide se reconnaît le matin. Un déshumidificateur peut vraiment aider, à condition de bien le choisir pour une pièce où l’on dort, et de savoir ce qu’il ne fera pas à votre place. Les autres questions d’humidité sont rassemblées dans notre rubrique humidité et air.
En bref
- On mesure d’abord : l’ADEME recommande de garder entre 40 et 60 % d’humidité dans un logement.
- On cherche la cause : ventilation, linge qui sèche dans la pièce, mur froid, fuite. L’appareil ne règle aucune de ces causes.
- Dans une chambre chauffée, un modèle à compresseur convient le plus souvent ; dans une pièce froide, un modèle à dessiccation est plus efficace.
- La capacité affichée est mesurée dans des conditions très humides et chaudes : chez vous, l’appareil en retirera beaucoup moins.
- Pour dormir à côté : un mode nuit, un niveau sonore bas, un panneau lumineux qu’on peut éteindre, et un hygrostat.
Sommaire
D’abord, mesurer
Un hygromètre coûte quelques euros et évite d’acheter un appareil pour rien. L’ADEME recommande de maintenir l’humidité d’un logement entre 40 et 60 %. En dessous, l’air devient trop sec ; au-dessus, de façon durable, la condensation, les moisissures et les acariens trouvent un terrain favorable.
Faites plusieurs relevés, pas un seul : le matin au réveil, le soir, et après une douche ou une lessive mise à sécher. Une chambre qui grimpe à 70 % la nuit et redescend à 50 % dans la journée n’a pas le même problème qu’une chambre qui reste à 70 % en permanence.
Chercher la cause avant d’acheter
Un déshumidificateur retire de l’eau de l’air. Il ne dit rien de la raison pour laquelle cette eau est là. Avant de l’acheter, quatre vérifications :
- La ventilation : les entrées d’air des fenêtres sont-elles bouchées ? La VMC fonctionne-t-elle ? Une chambre où l’on dort fenêtres fermées produit beaucoup de vapeur en une nuit, par la respiration.
- Le linge : un étendoir chargé dans la chambre, c’est plusieurs litres d’eau qui partent dans l’air de la pièce.
- Le mur froid : derrière une armoire collée à un mur extérieur, l’air ne circule pas et la condensation s’installe. Décoller le meuble de quelques centimètres change souvent beaucoup de choses.
- Une fuite ou une remontée : une tache qui s’étend, un plâtre qui gonfle, une odeur persistante. Là, c’est un professionnel qu’il faut appeler, pas un appareil.
Quand des taches noires apparaissent, notre guide moisissures : faut-il faire vérifier son logement ? aide à savoir quand un nettoyage suffit et quand il faut aller plus loin.
Compresseur, dessiccation, mini-appareils

| Type | Comment il fonctionne | Ses points forts | Ses limites |
|---|---|---|---|
| À compresseur | Il refroidit l’air pour que l’eau se condense, comme sur une vitre froide | Le plus courant, économe dans une pièce chauffée | Moins efficace dans une pièce froide ; le compresseur fait du bruit |
| À dessiccation | Un matériau absorbant capte l’eau de l’air, puis il est séché par chauffage | Garde son efficacité dans une pièce fraîche | Consomme davantage d’électricité ; réchauffe un peu l’air |
| Mini-appareil électrique | Petit module à effet thermoélectrique | Très silencieux, peu encombrant | Capacité très faible : un placard, une petite pièce |
| Absorbeur chimique | Des cristaux de sel captent l’humidité, sans électricité | Aucun bruit, aucun branchement | Capacité faible, recharges à racheter : pour un placard |
Dans une chambre chauffée normalement, le modèle à compresseur est le choix le plus fréquent. Dans une chambre peu ou pas chauffée, ou une pièce sous les toits froide l’hiver, la dessiccation garde son efficacité là où le compresseur s’essouffle.
Les critères pour une chambre
Le bruit
C’est le premier critère dans une pièce où l’on dort. Regardez le niveau sonore en dB(A) indiqué sur la fiche, et surtout s’il existe un mode nuit, qui ralentit le ventilateur. Pour un sommeil léger, faites tourner l’appareil la journée, porte fermée, et coupez-le la nuit : c’est souvent la solution la plus simple.
La capacité, la vraie
La capacité est donnée en litres par 24 heures, mais elle est mesurée dans des conditions de test très favorables : 30 °C et 80 % d’humidité. Dans une chambre à 19 °C et 65 % d’humidité, un appareil annoncé à 20 litres par jour en retirera nettement moins. Ce n’est pas une tromperie, c’est une convention de mesure : on choisit donc un peu plus grand que ce que l’on croit nécessaire.
L’hygrostat
Il arrête l’appareil quand l’humidité réglée est atteinte. Sans lui, le déshumidificateur tourne pour rien, consomme et assèche trop. On le règle dans la fourchette de l’ADEME, vers 50 %, plutôt qu’au minimum.
Le réservoir
Un réservoir qui se vide facilement, avec arrêt automatique quand il est plein. Certains modèles permettent une évacuation continue par un tuyau, pratique s’il y a une évacuation à proximité, rare dans une chambre.
La lumière et l’entretien
Un écran qu’on peut éteindre la nuit, et un filtre lavable, à nettoyer régulièrement selon la notice. Un filtre encrassé fait travailler l’appareil plus, et plus bruyamment.
Où le placer, comment le régler
- Au centre de la pièce si possible, ou au moins à distance des murs et des rideaux, pour que l’air circule autour.
- Fenêtres et porte fermées pendant qu’il fonctionne : sinon il déshumidifie le couloir, ou la rue.
- Loin de la tête de lit et hors de portée des enfants, câble rangé pour qu’on ne s’y prenne pas les pieds la nuit.
- Hygrostat réglé vers 50 %, et vérification avec l’hygromètre les premiers jours.
Dans une chambre de bébé
Un déshumidificateur peut s’y utiliser, en choisissant un modèle silencieux, placé hors de portée et loin du lit, en suivant la notice. L’objectif n’est pas d’assécher l’air : en dessous de 40 %, il devient trop sec. Si l’humidité de la chambre reste élevée malgré l’aération, la cause mérite d’être cherchée avant tout.
Ce qu’il ne fera pas
Un déshumidificateur traite l’air, pas le logement. Il ne remplace ni une ventilation qui fonctionne, ni la réparation d’une fuite, ni l’isolation d’un mur froid. S’il tourne en permanence pour maintenir 60 %, c’est que la cause est toujours là.
Et sur les murs, les dégâts de l’humidité ne disparaissent pas avec l’air sec : une peinture qui cloque ou s’écaille se reprend une fois la cause traitée, comme nous l’expliquons pour la peinture qui s’écaille.
Questions fréquentes
Quel taux d’humidité dans une chambre ?
L’ADEME recommande de garder l’humidité d’un logement entre 40 et 60 %. Dans une chambre, viser autour de 50 % est un bon repère : assez pour ne pas assécher l’air, assez peu pour éviter la condensation et les moisissures.
Peut-on dormir avec un déshumidificateur allumé ?
Oui, si le modèle est assez silencieux, avec un mode nuit et un écran qu’on peut éteindre, placé loin du lit. Beaucoup préfèrent le faire tourner dans la journée, porte fermée, et le couper la nuit.
Déshumidificateur ou absorbeur d’humidité ?
L’absorbeur à cristaux de sel convient à un placard ou à une très petite pièce. Pour une chambre où la condensation revient chaque matin, sa capacité est trop faible : un déshumidificateur électrique est plus adapté.
Quel déshumidificateur pour une chambre froide ?
Un modèle à dessiccation, qui garde son efficacité dans une pièce fraîche, là où un modèle à compresseur perd une bonne partie de la sienne. Il consomme en revanche davantage d’électricité.
Combien consomme un déshumidificateur ?
Sa consommation dépend de sa puissance et de sa durée de fonctionnement : multipliez la puissance indiquée par le nombre d’heures. L’hygrostat la limite fortement, en arrêtant l’appareil dès que l’humidité réglée est atteinte.